Un changement de donnes. La
communauté internationale, surtout les occidentaux, souhaite un gouvernement «
démocratique » et d’ouverture à Madagascar avant de relancer la coopération. Et
comme le nouveau président compte sur les aides et les financements étrangers pour
la reprise du développement économique du pays, il serait obligé d’écarter les meneurs
d’un changement anticonstitutionnel ainsi que d’intégrer ses précédents
adversaires aux hauts postes de l’Etat.
Ainsi, Andry Rajoelina ne pourrait
plus être nommé Premier Ministre de la quatrième République, bien que son
plateforme MAPAR conserve provisoirement la majorité à l’Assemblée Nationale.
En outre, certains députés membres de ce groupe politique envisagent de s’allier
avec le Chef de l’Etat comme d’autres partis politiques tels que le Malagasy
Miara-Miainga (MMM), la mouvance Ravalomanana et ses entités partisanes. Ce qui
pourrait conduire à la déchéance des parlementaires concernés d’après l’article
72, alinéa 4, de la Constitution : « la déchéance d’un député peut être
prononcée (…) s’il dévie de la ligne de conduite de son groupe parlementaire »
Les meneurs de ces mouvements commençaient
déjà à préparer ses adeptes pour la future matérialisation de ce rapprochement.
Selon un homme fort de Marc Ravalomanana, Stanislas Zafilahy, les manifestants
du Magro Behoririka et le patron lui-même reconnaissent l’élection de Hery
Rajaonarimampianina au second tour de la présidentielle 2013, tout en dénonçant
les fraudes durant les campagnes. La présence répétitive de Botozaza Pierrot et
de Roland Ravatomanga, des hommes de main de la mouvance, au coté du président
nouvellement élu, semble confirmer la concrétisation d’une prémisse d’accords.
Quant à Jean Louis Robinson,
candidat arrivé en seconde place aux derniers scrutins et accusé de traîtrise
par certains fidèles de Marc Ravalomanana, il s’est fait Chef de l’opposition
même si la désignation à ce poste doit résulter d’un accord entre les partis d’opposition
selon l’article 14 de la Constitution. En somme, les anciennes alliances
deviennent des discordes d’aujourd’hui et vice versa.
Une grande première pour les
Etats-Unis d’Amérique. Le président américain Barack Obama va réaliser sa
promesse de réunir les dirigeants africains pour débattre de l’avenir de leurs
pays et de raffermir les liens avec son continent d’origine. Il a convié 47 Chefs
d’Etat à la Maison Blanche les 5 et 6 août de cette année. Le sujet de
discussion se concentre sur la mise en œuvre des objectifs de l’administration
relative au commerce, à l’investissement, à la sécurité et à l’amélioration de la démocratie en Afrique.
Pourtant, quelques pays ne
figurent pas dans la liste des invités en raison de leur suspension à l’Union Africaine
(UA) ou d’une relation moins bonne avec les Etats-Unis. Pour la Centrafrique, la
Guinée Bissau et l'Egypte, la cause de leur exclusion semble l’accession au
pouvoir par un coup d’Etat. Par ailleurs, le Soudanais Omar el-Béchir et le Zimbabwéen
Robert Mugabe font l’objet respectivement d’un mandat d'arrêt de la Cour Pénale
Internationale et des sanctions américaines.
Pour Madagascar, écarté de la
réunion pour le moment, la situation pourra changer après l’investiture de son
nouveau président, qui marque le début de la reconnaissance internationale
officielle. D’après les précisions du Ministre des Affaires Etrangères, Ulrich
Randriatina, la Grande Ile devra retrouver sa place au sein de l’UA et de la Communauté
des États d’Afrique Australe avant mardi prochain.
Ainsi, une évolution de la
position américaine sera attendue pour inclure Hery Rajaonarimampianina dans la
liste des invités. Cependant, certaines exigences politiques d’apaisement et de
réconciliation, dont le retour de l’ancien président, Marc Ravalomanana,
pourront être maintenues par les Etats-Unis. Ce qui retardera l’acceptation américaine
de la nouvelle République de Madagascar.
Comme prévu, le résultat publié
par la Cour Electorale Spéciale (CES) ne s’est écarté de celui de la Commission
Electorale Nationale Indépendante (CENIT) que de très peu. Les requêtes pour la
disqualification de candidat ont été tous déclarées irrecevables faute de
qualité d’agir du demandeur, du retard du dépôt (article 132 du code électoral)
ou de l’impossibilité de recourir aux prérogatives de puissance publique. La
demande pour l’annulation du second tour formulée par le candidat Jean Louis
Robinson, avec motif la soustraction à la liste électorale de 90.475 votants dans
neufs districts, à savoir Sonierana Ivongo, Ambanja, Ambovombe, Bekily, Tuléar
II, Amboasary Sud, Betroka, Majunga I et Marovoay, a été rejetée suite à l’absence
de preuve et à la vérification effectuée qui a ressorti par contre une
augmentation par la liste additive. La CES a jugé infondées les requêtes
formulées par les deux candidats pour l’annulation des voix obtenues par chaque
partie sur le plan national, faute d’aucun effet de la participation d’autorité
publique dans les campagnes électorales ainsi que de l’annulation de l’arrêté y
afférent, et de manque de preuve sur les supposées pratiques frauduleuses de
l’Administration.
En ce qui concerne la
confrontation des bulletins de vote, seuls ceux de 196 bureaux de vote (BV) ont
été effectués. Après le recomptage et la vérification, aucun défaut n’a été
observé même sur les numéros de série de ces bulletins. Les résultats des BV du
district d’Antsirabe I ont été annulés vu qu’il a été démontré que la Dame
Razafiarisoa Hanta Pascaline a apporté chez elle les procès-verbaux pour ne les
rendre que le 21 décembre 2013. Ceux de 43 BV ont subi aussi le même sort en
raison de l’omission de formalités, du rajout sans justification de la liste
électorale ou de la non-réception des procès-verbaux. Quant aux autres requêtes
pour annulation de voix d’un candidat dans certains BV, la CES les a tous rejeté
par manque de preuve ou par défaut de compétence. C’est le cas notamment d’un
BV du fokontany d’Ambatosoratra-Ambodivoara où le délégué du candidat JEAN
LOUIS Robinson a été agressé lors du dépouillement des voix. 22 BV font l’objet
de procès-verbaux de carence comme aucun résultat n’a été parvenu ni à la CENIT
ni à la CES.
Au final, le nombre des inscrits se
chiffre à 7.971.790, dont 4.043.246 votants. Le taux de participation s’élève
ainsi à 50,72 %. Les bulletins blancs et nuls s’évaluent à 191.786, et les suffrages
exprimés à 3.851.460. Les candidats RAJAONARIMAMPIANINA RAKOTOARIMANANA Hery
Martial et JEAN LOUIS Robinson Richard ont obtenu respectivement 2.060.124 soit
53,49 % et 1.791.336 ou 46,51%. Par suite, la CES a proclamé le candidat
RAJAONARIMAMPIANINA RAKOTOARIMANANA Hery Martial élu président de la République
de Madagascar. Toutes les hautes personnalités présentes à la cérémonie ont
félicité ce dernier entre autres les représentants de chancelleries étrangères
(SADC, UE …), des candidats déchus du premier tour, des membres de l’Administration,
et BOTOZAZA Pierrot, un des hommes forts de la mouvance Ravalomanana. La
communauté internationale semble valider le résultat établi par la CES, et se
dit prêt à collaborer avec le nouveau président élu dès la mise en place
effective de toutes les structures de la quatrième république. Le candidat élu
la rejoint en félicitant la victoire du peuple malgache et l’appel au calme.
Bien que le résultat du second
tour de l’élection présidentielle ait été proclamé par la Commission Electorale
Nationale Indépendante (CENIT), un coup d’Etat est actuellement en gestation
suite au mécontentement de certains politiciens par rapport à celui-ci. Dès l’officialisation
du passage au deuxième tour par la Cour Electorale Spéciale (CES), les
candidats insatisfaits ont prôné la mise en place d’une nouvelle transition. L’idée
est de plus en plus véhiculée avec la récente contestation du résultat des
scrutins par le candidat Jean Louis Robinson et la Mouvance Ravalomanana.
Pour ce faire, les militaires ont
été mis sur le coup. Plusieurs réunions préparatoires auraient eu lieu dans la
Cité militaire de Nanisana et au sein du logement d’un officier supérieur à
Itaosy. Selon les informations, deux Généraux et quatre Colonels, dont un Chef
de Corps, dirigent l’opération avec l’appui de certains sous-officiers et
hommes de troupes de la Force d’Intervention de la Gendarmerie Nationale (FIGN),
de la Primature, et du Régiment d’Artillerie Lourde (RAL) d’Arivonimamo.
Leur objectif consisterait à l’installation
d’un nouveau gouvernement d’union nationale sous la direction d’un officier
général en vue d’une confrontation des résultats du second tour du présidentiel
malgache. Le nom d’un Général, un ancien Premier ministre de la Transition et
candidat déçu au premier tour, aurait été avancé pour occuper le poste de la
présidence de la nouvelle institution. Les tracts qui circulent dans les
casernes et le récent avis publié par les sous-officiers malgaches dans les
journaux semblent confirmer la réalité de cette menace.
D’ailleurs, les autorités civiles
et militaires actuelles auraient déjà pris toutes les mesures nécessaires pour
déjouer d’éventuel coup d’Etat. Entre autres, la sécurité a été renforcé au
sein de différentes institutions, en particulier, à la CENIT et à la CES. En
effet, la mise en œuvre du coup d’Etat militaire serait après la proclamation des
résultats définitifs de l’élection présidentielle par la CES soit au plus tard le
17 janvier.
La Commission Electorale
Nationale Indépendante de la Transition (CENIT) a présenté aujourd’hui à 10
heures la délibération du second tour de l’élection du premier président de la Quatrième
République de Madagascar. La plupart des représentants des observateurs électoraux
nationaux et internationaux ainsi que certains autorités ont assisté à la cérémonie,
entre autres ceux de la SADC, l’ambassadeur de l’Union Européenne et tant d’autres.
Certains candidats tels que Hery Rajaonarimampianina ont aussi honoré de leur
présence la solennité.
Aucun changement majeur n’a été
constaté par rapport aux résultats déjà publiés. Le candidat Hery Rajaonarimampianina
mène la course avec 53,50 % soit 2.066.103 voix, contre 1.796.122 voix pour
Jean Louis Robinson soit 46,50%. Le taux de participation s’élève à 50,76% avec
7.968.321 d’électeurs inscrits. Les blancs ou nuls se chiffrent à 4,50% des 3.862.225
des voix exprimées. Au total, le résultat d’une vingtaine de bureau de vote (BV)
n’a pas pu être traité en raison de différentes circonstances : attaque de
dahalo, absence d’électeur suite à un soi-disant changement de bureau de vote,
arrestation d’un membre de BV, absence de procès-verbal (PV) …
La CENIT a félicité le peuple malgache comme étant le
grand vainqueur à l’issue de cette élection présidentielle. « La
population a su manifester son choix dans le respect de la démocratie » a
souligné sa présidente Béatrice Atallah. Quant aux accusations de fraude, elle
a précisé qu’outre les trois contrôles habituels, la confrontation de PV et le
nouveau décompte de voix ont été effectué. Le chef de la délégation de la SADC Joaquim
Chissano et le candidat du Hery Vaovao hoan’i Madagasikara ont joint aux
félicitations du peuple malgache et ont appelé au calme en attendant la proclamation
du résultat définitif de la CES qui sortira au plus dans 15 jours.